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Power to the Pixel, Berlin revival : ça se finance comment le cross media ? (2/3)

février 17, 2010

Après la création, on passe aux choses sérieuses, au financement, car c’est bien joli le cross media mais quel est le modèle économique en vigueur ? On en a bien une petite idée, mais Lance Weiler (voir ce post), Michel Reilhac, directeur général d’ARTE France Cinéma, et Ben Grass, directeur de la société de production Pure Grass Films (détenue à 40% par Endemol), sont là pour tout nous expliquer.

Ce qu’il faut retenir au final, c’est que le financement vient ou viendra des sources traditionnelles de films. Et si ce n’est pas l’invention de l’eau tiède, cela permet de resituer le débat : le cross media n’est donc pas quelque chose à part dans la sphère du cinéma, mais bien une autre manière de raconter une histoire. Il a donc sa place dans l’industrie cinématographique, puisqu’il en est le prolongement, une évolution naturelle. Ainsi, on parle des chaînes de télévision, du private equity, de l’argent de l’Etat (quand c’est possible en Europe), des marques, du crowd funding, etc. Lance Weiler met sur un piédestal le public, qui est véritablement pour lui le vecteur économique : c’est par l’implication du public que le projet va devenir intéressant et viable économiquement pour les potentiels financeurs (les applications sur les smartphones seront pour lui une des principales sources de créativité, mais pour l’instant on en est à l’instant 0). L’important est donc de rassembler toutes les informations possibles sur les clients (appelons un chat un chat) afin de revendre les informations avec l’accord de ceux-ci : voyons si c’est possible, et en accord avec les CNIL… Facebook ayant expérimenté ce genre de déconvenues.

A son tour, Ben Grass a présenté la manière dont il avait financé différents projets, à chaque fois 20 mini épisodes de 4 minutes, comme When Evil calls, financé par Chello Media, distribué sur mobiles sur 10 territoires  ou Kirill financé par MSN Royaume Uni et parrainé par XBox. Le budget de chaque projet est de 230 000 – 320 000€. Ben Grass a pointé les problèmes inhérents au financement du cross media : comment financer une série sans pilote et par là même comment financer le pilote ? Comment calculer le retour sur investissement d’épisodes visionnés sur internet ? Ce qui impacte évidemment les potentielles relations avec les annonceurs… Lui aussi en vient à la même conclusion : il faut avoir une bonne histoire, une histoire universelle et advienne que pourra.

Pour conclure, Michel Reilhac a souligné que le système était en train de se mettre en place, que les mots étaient encore à inventer (pour la plupart, ils viennent du monde du jeu vidéo et des logiciels), qu’il y a encore beaucoup d’éducation à faire, en particulier auprès des financeurs traditionnels qui éprouvent de la peur et de l’angoisse à l’idée de se jeter dans ces nouveaux projets dont les recettes ne sont pas “certaines” ou calculables précisément. Le problème le plus important à régler pour lui, ce n’est finalement pas le financement, mais les questions juridiques et contractuelles attachées au statut de l’auteur : dans la mesure où il y a un pool de story architects (on ne dit plus auteur…), comment faire pour mettre en place une nouvelle régulation, des nouveaux droits ? A qui appartient le projet désormais ? Ainsi, le ractor (contraction de reactive actor) peut-il être payé pour son implication dans les jeux et différentes applications d’un projet transmedia ? Michel Reilhac a rappelé les exemples de télé-réalité où les participants avaient finalement demandé une rétribution pour leur disponibilité 24 heures sur 24…

Ainsi, pour financer et produire des projets transmedia, il faut avant tout convaincre les guichets traditionnels (Michel Reilhac a souligné que depuis janvier 2010, les producteurs – avec un coproducteur français s’ils sont étrangers – peuvent envoyer à ARTE France Cinéma leurs projets transmedia au même titre que les longs métrages). A brave new world…

Et pour info, allez vous amuser sur http://chatroulette.com/ cité par Lance Weiler

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Un commentaire leave one →
  1. Rabourdin permalien
    février 18, 2010 17:21

    Vraiment utile, merci! N’ai pas pu assister à cette 2nde rencontre donc bien heureuse de voir un bon compte-rendu sur le net!

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