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Paris Project : coproductions avec la Turquie, entre construction et évolutions

septembre 1, 2009

Depuis 2004, la création de la loi en faveur du cinéma a soutenu la production nationale. Le nombre de films produits en Turquie  est passé de 10 – 15 à 50 – 60 et le nombre de films turcs distribués de 18 à 51 en l’espace de cinq ans. Toutefois, un film dit d’auteur est vu par environ 10 000 spectateurs ( vs 70 millions d’habitants) ; la part de marché du cinéma national est montée en flèche à 61% en 2008 (en 2002, elle était seulement à 7,4% – source Focus mondial 2009, publié par L’Observatoire Européen de l’Audiovisuel), et la part de marché du cinéma américain stagne à 32% après des années à plus de 50%.

Le Ministère de la Culture a mis en place plusieurs systèmes de subvention. Chaque année, 20 à 30 films sont aidés sur les 50 à 60 films turcs produits (les deux tiers sont produits avec des fonds d’investissement privés, ou alors sont tournés sur la base de dettes/récupération une fois le film fini), pour un total de 5 à 6 millions d’euros (toute catégorie confondues : fiction, documentaire, court métrage).

Un prêt a été mis au point : il fonctionne sur le même schéma qu’ Eurimages (à l’exception du système de notation qu’ils n’utilisent pas), avec 20% à rembourser sur les recettes jusqu’à ce que la somme prêtée soit recoupée si des bénéfices sont réalisés. Dans le cas contraire, où le producteur ne peut rembourser la somme, si le film a été sélectionné dans de nombreux et prestigieux festivals, il n’y a pas d’amende, mais l’impossibilité de faire une demande de prêt pendant deux ans.

Les producteurs peuvent également désormais bénéficier d’une aide du Ministère de la Culture, avec comme contrainte principale d’initier des productions ou coproductions majoritaires, alors même que la subvention donnée n’excède pas 100 000€ pour un premier film et 200 000€ pour les films réalisés par des auteurs reconnus nationalement et internationalement (comme Semih Kaplanoglu ou Nuri Bilge Ceylan). De ce fait, les budgets des films turcs n’excèdent pas le million d’euros, car si le producteur turc doit être majoritaire avec un apport de 300 – 400 000 euros par exemple, il sera dans l’impossibilité de lever le reste à l’étranger en restant majoritaire. Les budgets sont donc limités. Le film de Nuri Bilge Ceylan, Three Monkeys, a été budgété à 1,7 millions d’euros, mais cela reste une exception, et c’est Pyramide, son coproducteur, distributeur et vendeur français qui a apporté la majeure partie du financement.

Le financement provient principalement de subventions, comme Eurimages (deux pays européens minimum, avec la possibilité de lever 17% du budget global), World Cinema Fund (il faut avoir un coproducteur allemand), les chaînes de télévision (comme ARTE – ZDF qui sont quasiment les seules à le faire), les distributeurs salles – vidéo, et les vendeurs internationaux (dont les à-valoir sont habituellement donnés quand le film est fini, et non lors du financement).

Il reste difficile de monter des coproductions de jeunes réalisateurs turcs : la majeure partie des coproductions turques ont été initiées sur des « noms », comme Nuri Bilge Ceylan ou Semih Kaplanoglu. L’allemagne est une meilleure alternative à la France pour les jeunes réalisateurs, grâce aux fonds provenant des Länder ou le World Cinema Fund, qui n’existent pas en France.
Le système est en construction, en évolution selon les différents cadres de coproduction. L’industrie cinématographique est bien développée à travers des infrastructures de post production déjà utilisées par les prestataires de publicités ou séries télévisées. Dans la mesure où les prix ne sont pas fixés en Turquie et qu’il y a une possibilité permanente de les négocier (possibilité de payer à trois mois, d’avoir une réduction sur l’ensemble des frais, d’équilibrer les coûts des salaires, etc.), le coût est beaucoup moins élevé qu’en France (un tiers moins cher). Lors d’une coproduction, il est souvent très profitable de faire la post production en Turquie, toutefois à mettre en balance avec l’argent levé en Europe qui devra être dépensé en Europe…

Reste à savoir pourquoi coproduire, et surtout avec qui.

Les intervenants pour le débat sur la coproduction entre la Turquie et la France étaient Guillaume de Seille, producteur chez Arizona Films (Yumurta et Süt de Semih Kaplanoglu), Stéphane Parthenay, producteur chez Pyramide Productions (en coproduction sur les films de Nuri Bilge Ceylan), Serkan Cakarer, producteur chez Ustaoglu Film (Pandora’s box de Yesim Ustaoglu), et Azize Tan du Festival du film d’Istanbul, présente en tant que modératrice du débat.

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