Skip to content

Paris Project, Focus Corée du Sud: une industrie très nationale au fonctionnement panasiatique

septembre 1, 2009

Depuis 2007, les gouvernements régionaux ont développé des systèmes d’incitation afin de promouvoir les régions et de faire progresser l’industrie locale cinématographique : Séoul en 2007, Gyeonggi, Incheon et Jeonju en 2008, et Busan en 2009. Les déductions sont réalisées sur les dépenses faites dans la région (transport, logement, coûts de laboratoire, équipement, traiteur, etc.), souvent limitées financièrement par projet, selon le schéma de la production coréenne ou de la coproduction internationale. Le producteur n’est pas nécessairement coréen, mais il doit présenter l’accord signé d’un distributeur et d’un vendeur.

Les conditions sont sensiblement les mêmes dans les autres régions, avec des déductions plus ou moins fortes (10% à Gyeonggi, 25% à Séoul, 30% à Busan, la moitié des dépenses à Incheon). Ces déductions ne sont cependant attractives pour des Européens ou des Américains qu’a la condition que le  scénario soit tourné en Corée (contrairement à certains pays comme le Luxembourg ou la Roumanie qui accueillent des tournages étrangers en permanence, avec aucune obligation de mise en valeur de la culture du pays).

La part de marché des films coréens est de 40%, contre 50% pour les films américains, et 10% pour le reste du monde. Finalement, la discussion a davantage porté sur la présentation de l’industrie et de son fonctionnement, les infrastructures de production sur place (les laboratoires de post production, les incitations régionales) que sur les coproductions dont la pratique semble aujourd’hui très rare. La première, pour le moment, à avoir donner jour est le film Une vie toute neuve de Ounie Lecomte, produit par Laurent Lavolé chez Gloria Films.

C’est l’histoire autobiographique d’une enfant d’origine coréenne qui est restée un an dans un orphelinat avant d’être adoptée par des parents français. Le producteur s’est impliqué dès le développement qu’il a par ailleurs financé. Les premiers financements qu’il a obtenus sont venus de la France, Canal+ et Diaphana, pour un mandat distribution salles et vidéo. Du point de vue de la Corée, il a été éligible aux subventions des régions de Séoul et de Gyeonggi (voir plus haut) et le producteur a rencontré une productrice coréenne. Mais les difficultés pour produire un film d’initiative française avec une réalisatrice française, non parlé en français, ne sont pas des moindres, car il n’existe pas de subventions en France (à l’exception des réalisateurs étrangers dont les deux précédents films ont été distribués en France). La rencontre avec Lee Chang Dong (ancien ministre de la Culture en Corée, réalisateur de My Secret Sunshine, Peppermint Candy entre autres) a favorisé la situation : Fine Cut, un vendeur international basé en Corée, a signé pour le mandat ventes. Un gap financing subsistait et il a été comblé par un fonds d’investissement coréen : après le recoupement de leur investissement (sur le monde entier, France et Corée du Sud incluses), le fonds prend 40%, le producteur français 30% et le producteur coréen 30% des recettes. Le montant de l’investissement n’a pas été précisé sur le budget total de 800 000 dollars. Le film a été sélectionné au festival de Cannes, hors compétition, il a également fait partie des six films sélectionnés par l’AFCAE, et montré aux exploitants dès les premiers jours du festival. A ce jour, six territoires sont vendus.
Sans tomber dans le mélodrame, cet exemple illustre parfaitement la nécessité intrinsèque au projet de tourner en Corée. Sinon, il est dommage que rien n’ait été dit sur les talents, scénaristes ou réalisateurs. Pour le moment, il s’agit davantage d’attirer les tournages en Corée, plutôt que de développer un arsenal de coproductions.

Les intervenants pour le débat sur la coproduction entre la Corée du Sud et la France étaient Keun-Sang LEE, du département de promotion à l’international du KOFIC, Mark Siegmund de la Seoul Film Commission, Chul Shin, représentant du Producer’s Guild of Korea, Joo-Ick LEE, producteur chez BORAM Entertainment, et Jérémy Segay, consultant sur l’Asie à Paris Cinéma, et présent en tant que modérateur.

No comments yet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :