Skip to content

ITW/François Scippa-Kohn, cofondateur de Chrysalis Films, nous parle de sa stratégie de distribution

septembre 14, 2009

La société de distribution Chrysalis Films a été créée en octobre 2007, et à ce jour, a distribué 6 films dont Morse du réalisateur suédois Tomas Alfredson, sorti le 4 février 2009, qui avait réuni 30 000 spectateurs. Quelques jours avant la première de City Island de Raymond de Felitta au Festival Américain de Deauville, François Scippa Kohn, CEO de Chrysalis, nous raconte plus en détails son quotidien, sa stratégie de distribution et les nouveaux enjeux pour sa société.

Quels sont les enseignements que vous avez tiré des précédents films distribués ?

Le premier film sorti par Chrysalis était La saison des orphelins de David Tarde en 2007, et l’échec a été d’une telle violence qu’on comprend vraiment, à cet instant, qu’on peut mettre une faillite une société sur un film. Un bon marketing ne compensera jamais un film moyen ou raté, et inversement. Le plus important, c’est donc le film et le marketing. Désormais, nous achetons des films un peu plus gros, mais on reste Chrysalis : on ne nous en voudra jamais d’avoir sous-dimensionné un film, alors qu’on nous reprochera le contraire, d’avoir été trop prétentieux. La distribution vient avant tout d’une volonté d’entreprendre.

Comment on distribue un film avec peu de moyens ?

Nous sortons 5 films par an et nous passons beaucoup de temps sur chacun d’entre eux, toujours très en amont. C’est davantage une question d’organisation que de créativité et d’idées révolutionnaires. Nous buzzons très tôt sur internet, pour chaque film j’utilise un réseau particulier : pour les films italiens sortis, j’étais en contact avec l’institut culturel italien, les professeurs d’italien dans les lycées ; pour The Children de Thomas Shankland, qui va sortir le 21 octobre, nous alimentons les blogs et sites de fan de films de genre, en leur donnant des informations exclusives, en leur faisant gagner des jeux, etc.

Nous envoyons une lettre en amont aux exploitants art et essai pour leur parler du film, avec les exploitants des circuits c’est beaucoup plus compliqué. Nous sortons The Children sur 50 salles, en VO (en centre ville) et VF, en majorité : pour l’instant, j’ai 19 salles CGR sur mes 30 confirmées, dont le Publicis ou les Montparnos sur Paris, les Megarama en province. J’aurai toutes les réponses la première quinzaine d’octobre, donc très peu de temps avant la sortie effective du film. Tout dépend des autres films qui seront sortis avant et ceux qui seront en face de nous… Il faut beaucoup de flexibilité et de réactivité par rapport aux réponses de nos interlocuteurs. Concernant la promotion, j’ai acheté des espaces dans les kiosques et Decaux, sur Allociné ; Madmovies ; Le Mouv ‘ et filmsactu.com sont partenaires. Le film sera projeté dans plusieurs festivals, au Forum des images pour L’Etrange Festival, au Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg.

L’édition DVD sera faite par DVIsion. Nous avions acheté les droits du film au vendeur anglais Protagonist, après l’avoir vu au retour du marché du film de Berlin 2009.

Parlons de votre dernière acquisition, City Island, un film américain de plus grande envergure, avec au casting Andy Garcia, Emily Mortimer, Julianna Margulies, Alan Arkin, qui sera présenté au Festival Américain de Deauville.

Je l’ai vu en avril dernier au festival de Tribeca à New York et nous nous sommes positionnés très tôt sur le film. Nous avons signé en août 2009 avec le vendeur Westend. Nous avons pris comme attaché de presse Michel Burstein de la société Bossa Nova (il travaille aussi sur The Children). Ce que nous devons garder à l’esprit pendant toute la préparation de la distribution, c’est que ce film reste une comédie familiale new yorkaise indépendante, même s’il un a bon casting. Ce n’est pas du Woody Allen, cela louche davantage du côté de Little Miss Sunshine. La sortie est prévue au premier trimestre 2010 sur 70 copies VO environ. Le film sera montré au Festival Américain de Deauville, lors d’un hommage à Andy Garcia et une rétrospective de ses films. Cela nous permet de faire une très grande partie de la presse là bas avant la sortie en salles. Et Andy Garcia fait le déplacement.

Ce film montre que nous avons intérêt à nous positionner sur des films sur lesquels les distributeurs de notre catégorie ne vont pas se positionner. Il vaut mieux prendre des films un peu plus gros sur lesquels on ne nous attend pas, tout en restant petit. C’est vraiment la logique de développement de la société, de devenir un interlocuteur des circuits de distribution, d’avoir la possibilité de discuter et de placer nos films chez eux, et par conséquent de leur proposer des films qui peuvent leur faire gagner de l’argent. On ne peut pas faire que de l’art et essai pur, mais si on gagnait de l’argent en ne faisant que ça, on le ferait… On ne prend pas des films par opportunisme, on essaie plutôt d’adapter notre stratégie de distribution à nos interlocuteurs.

Quels sont les prochains enjeux ?

Surtout ne pas souffrir en trésorerie, ce qui est le nerf de la guerre, et passer à une activité critique. Depuis que nous avons sorti Morse qui a bénéficié d’un réel succès, critique et public, il y a eu une différence notable avec nos interlocuteurs, que ce soient les vendeurs qui nous présentent désormais leurs films, ou les exploitants qui reconnaissent que nous sortons bien les films. Nous devons désormais atteindre une certaine taille pour que les producteurs français se tournent vers nous.

No comments yet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :