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Les Rencontres du Cinéma et de l’Audiovisuel ou comment ne pas s’en sortir avec la VoD

octobre 15, 2009

Jeudi 14 octobre 2009, les rencontres du Cinéma et de l’Audiovisuel ont été conjointement organisées par la banque Neuflize OBC (dont la partie cinéma est dirigée par Anne Flamant) et le cabinet d’études NPA Conseil (dirigé par Philippe Bailly). La table ronde était composée de Michel Saint Jean, fondateur et gérant de la société de production, distribution et édition DVDs Diaphana, Manuel Alduy directeur Cinéma du groupe Canal+, Audrey Azoulay directrice financière et juridique du CNC, et Marc Tessier président de Video Futur Entertainment Group. Le thème, hautement novateur et large, était “La nouvelle chronologie des medias : quel impact sur la chaîne de valeur ?”. Le fait le plus marquant de cette table ronde a été la quasi absence de chiffres, de calcul de valeur ajoutée ou de perte de valeur engendrée par cette nouvelle chronologie, quand bien même cette table ronde a été co-organisée par une banque…

L’introduction du débat a été faite par Philippe Bailly, puis Audrey Azoulay a remis au clair, de manière argumentée, les discussions sur l’évolution de la réglementation sur la chronologie des médias. Après ces deux exposés plutôt complets, Michel Saint Jean s’est exprimé avec passion, mais aussi résignation, sur son métier, qu’il considère de plus en plus incertain malgré l’expérience acquise en 20 ans. Pour lui, la réflexion sur la chronologie des medias vas obligatoirement de pair avec le combat sur le piraterie et la répression qui s’ensuit. A cela, Manuel Alduy a pris la parole pour exposer le point de vue de Canal+, à savoir qu’un raccourcissement de sa fenêtre de 12 à 10 mois ne posait pas vraiment de problème, tandis que la VoD gratuite était réellement son cheval de bataille. Il a donné l’exemple d’un film qu’il souhaitait préacheter et qui était disponible en streaming gratuit sur Cdiscount la veille de la sortie salles, et pour lui c’était une raison suffisante pour mettre en suspens l’achat, car l’exclusivité de la salle n’est plus là. Quant à Marc Tessier, il a parlé de la vidéo, du syndicat qu’il préside, en des termes un peu généralistes.

Après ce premier tour de table où aucune problématique claire n’a rejailli, les participations ont fusé, chacun parlant pour sa chapelle – on est loin du principe des “rencontres”. Tout d’abord de la part de Antoine de Clermont Tonnerre, producteur chez MACT et président de Unifrance, qui a insisté sur la primordialité de la conservation d’un parc de salles divers et étendu : le DVD ne peut fonctionner, et encore moins la VoD, si la promotion du film ne s’est pas faite au niveau de la sortie salles. Quant à Alain Sussfeld, directeur général du groupe UGC, il s’est lancé dans une tirade sur la destruction de la hiérarchie de la rémunération qu’engendrait la VoD : il n’y a plus que l’éditeur de contenus et la plateforme qui touchent des droits, la chaîne de valeur étant brisée. Marie Masmonteil, productrice chez Elzévir Films et également présidente du SPI (Syndicat des Producteurs Indépendants), a rebondi sur cette intervention pour souligner le sujet qui tient à cœur les producteurs dans cette nouvelle chronologie des médias : c’est bien le préfinancement des œuvres, que ne permet pas la VoD, car aucun minimum garanti n’est donné (ou alors pour lors d’accords cadres avec des majors américaines). Les mandats salles / DVDs / VoD ne doivent pas être dissociés et vendus séparément aux distributeurs. Manuel Alduy a également insisté sur le fait que la VoD n’est pas très rentable, et que la SVoD (VoD qui fonctionne sur la base d’un abonnement mensuel : par exemple, on paie 10€ par mois pour pouvoir regarder 15 films prédéfinis) l’est beaucoup plus car elle n’est pas réglementée de la même façon, et de ce fait, est beaucoup moins contraignante (pas de clause de diversité, pas de quota, pas de MG, ni de tête de gondole, etc.) : “tant qu’on n’a pas les mêmes droits, on ne peut pas vous imposer des devoirs” a-t-il conclu. C’est dans cette lignée que Marc Tessier a suggéré, dans cette confusion générale des réglementations, des droits et devoirs donc, qu’il fallait créer un système d’obligations homogènes dans le cinéma, ainsi qu’un régime d’exposition des œuvres.

Pour conclure, Michel Saint Jean a à nouveau insisté sur l’importance de la salle, qui doit rester le premier lieu d’exploitation d’un film, pour pouvoir donner au reste de la chaîne, sa valeur. C’est le rapport entier entre l’exploitation et la distribution qui va changer, essentiellement avec le passage obligé au numérique. Ainsi, Alain Sussfeld considère que la durée de la diffusion en salles est indispensable pour la création de valeur : “sortir en DVD au bout de 4 mois des films qui font leur chemin entre 2 et 4 mois, c’est du suicide. La meilleure valorisation de la VoD c’est la détention des droits” a été le mot de la fin.

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