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PTTP : Comment rendre le gratuit rentable en ligne ? (2/7)

décembre 10, 2009

Devant un auditoire mixte, composé aussi bien de producteurs, distributeurs et agents de vente, que de professionnels du web et des nouvelles technologies, les débats ont été ouverts par Brian Newman, ex Président du prestigieux Tribecca Film Institute, à l’initiative notamment du programme Reframe (site de VoD et MoD concentré sur un catalogue de films indépendants de niche). Improvisé ambassadeur de la « doctrine Wired » (Kevin Kelly/ fondateur et Chris Anderson/rédacteur en chef) concernant la gratuité sur le net, Brian a présenté avec humour et acuité la déflation inévitable des biens culturels distribués en ligne (ie à l’heure où le coût marginal d’une copie tend vers 0).

Pour compenser cette perte de valeur, Anderson et Kelly ont développé diverses théories destinées à explorer de nouveaux modèles économiques pour les industries concernées (journalisme, musique, cinéma…). Et ce sont ces pistes là que Newman s’est proposé de nous présenter : pour rémunérer la création, ce ne sont plus les produits culturels en tant que tels qu’il faudrait valoriser, mais les services associés qui ne sauraient être accessibles via des torrents ou autres.

Il s’agit là notamment de la rapidité de mise à disposition des contenus (plus la mise à disposition est immédiate, voire en avant première, plus elle sera valorisée), le caractère personnalisé des produits, l’authenticité des extras et bonus mis à disposition du public ainsi que le développement de l’implication des fans dans la chaîne de production/distribution des biens (voir initiatives peopleforcinema.com, touscoprod.com…), qui deviennent alors des attributs marketing et/ou à forte valeur ajoutée associés au produit culturel. Le produit même étant à la disposition du plus grand nombre en tant que tel. Enfin, dans un univers de surabondance de biens culturels disponibles en ligne, mettre à disposition du public des produits de qualité (notamment vidéo), facilement accessibles et ce de manière légale (voir le succès de Hulu outre atlantique notamment) est aussi une source non négligeable de valeur. Les années 2000 ont couronné la « recherche » en ligne, la prochaine décennie sera celle de la « trouvabilité » (findability) selon Brian.

Cette keynote a eu le mérite de nous plonger directement dans le vif du sujet même si pour le moment, un tel modèle ne permet pas de rémunérer les investissements nécessaires à la production d’un projet d’envergure en matière cinématographique ou audiovisuelle, et qui se chiffrent aujourd’hui, y compris pour le cross media (voir projet B51), à plusieurs millions d’euros. En revanche, pour les films de niche, indépendants et à petits budget, ces nouveaux outils de production mais aussi de distribution/marketing mis à la disposition de chacun permettent l’émergence de nouveaux talents, et la constitution d’une audience engagée.

C’est d’ailleurs le retour que nous avons eu des témoignages animés du premier panel. Composé de producteurs « expérimentateurs » européens, la première table ronde de la journée a laissé la part belle aux nouveaux moyens de financer/produire et distribuer une œuvre, de raconter les histoires, et de faire in fine interagir différents médias pour conquérir le public.

One Comment leave one →
  1. Sebastien Charbit permalink
    janvier 3, 2010 16:44

    La quête de la trouvabilité…

    Ce que certains appellent encore éditorialisation correspond davantage à de l’assistance artistique.

    Parce que la population acceptant le dictat d’un éventuel programmateur est en chute libre et aussi car rares sont ceux qui ont le temps d’éplucher la production audiovisuelle de manière exhaustive, pour ces deux raisons la promotion hierachisée des programmes est un sans doute un incontournable à court terme pour tous les sites de mises à dispositions…C’est aussi une source potentiel de valeur.

    La question qui demeure est de hiérarchiser de manière intelligente ces contenus : la recommandation via des réseaux sociaux, la remise au goût du jour des leaders d’opinion, ou un algorithme utopique permettant de dresser le profil précis de ce qui ne sera plus un spectateur mais un consommateur ?…

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