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RFEU: Présentation des marchés cinématographiques espagnol et français (2/4)

janvier 15, 2010

Benoît Danard, directeur du département études, statistiques et prospective du CNC, a commencé par présenter le marché français : 2008 a été une année faste pour le cinéma français avec 200 millions d’entrées et une augmentation de 5,7% grâce à l’offre de films, au parc de salles rénové et – il ne faut pas l’oublier – à la crise économique (qui comme on le sait bien pousse les gens au cinéma, soit pour se changer les idées, soit "parce qu’ils ne peuvent plus partir en vacances"…). Mais c’est aussi l’année des Ch’tis et de ses 20 millions d’entrées.

La part de marché des films français était à 37,1% : 18 films français ont passé la barre des 1 millions d’entrées (dont 4 à plus de 3 millions), et 38 ont fait plus de 500 000 entrées. Finalement, 20% des films français font 80% des entrées. Concernant les films espagnols sortis en France, la part de marché s’établit entre 1 et 2%, avec 13 films inédits sortis en 2008 (sur les 90 sortis). Les coproductions espagnoles ont fait 10% des entrées, sachant que dans le pack on compte Astérix… Il est à souligner que les investissements ont reculé de 26,3% par rapport en 2009, à mettre en lumière avec les trois coproductions de 2008 dont le budget avoisinait les 40 millions € avec Océans de Jacques Perrin et les deux Arthur de Luc Besson. 93 films ont été coproduits avec une trentaine de pays  : 40,4% des films agréés sont des coproductions, et 24,7% des films d’initiative française (FIF) le sont également. Les coproductions majoritaires avec l’Espagne sont en baisse, alors que les minoritaires sont en hausse, et donc coproductions financières plutôt qu’artistiques…. L’Espagne est le 9ème marché d’exportation des films français, en recul depuis 2007. 3,7% des recettes d’exportation des films français viennent d’Espagne, idée de la valeur d’un minimum garanti d’un film sur ce territoire…

Puis, Pedro Perez, Président du FAPAE (association de producteurs espagnols), a pris le relais, en faisant une constatation pessimiste sur les rapports franco-espagnols dans l’industrie cinématographique : l’Espagne et la France ne travaillent pas suffisamment ensemble ! En 2009, 111 films espagnols ont été produits, dont 39 coproductions, 116 films sortis en salles. La part de marché du cinéma espagnol est de 16% (en 2008, 13%) avec des recettes qui ont augmenté de 20% par rapport à 2008 (518 millions d’euros pour le box office espagnol, contre 494 pour le box office des films étrangers). Seulement 3 films espagnols ont fait plus d’1 million d’entrées (et un seul à plus de 3 millions, Agora de Alejandro Amenabar, au budget peplumesque de 50 millions d’euros). Le problème des films espagnols c’est qu’ils génèrent plus d’entrées à l’international qu’en Espagne… classé comme le 7ème pays qui produit des films. L’Orphelinat de Juan A. Bayona (vendeur international : Wild Bunch) et REC de Jaume Balaguero et Paco Plaza (vendeur international : Filmax) sont les films espagnols les plus vendus dans le monde, suit Vicky Cristina Barcelona de Woody Allen (vendeur international : Wild Bunch). Concernant le cinéma français en Espagne, sa part de marché est de 2,2% (qui est à peu près la même que le cinéma espagnol en France au final), avec seulement 7 films français (contre 40 en 2007), 10 coproductions bipartites et 3 tripartites. Celda 211 de Daniel Monzon coproduit par les espagnols Morena Films, Vaca Films et les français La Fabrique de films, vendu par Films Distribution, en est le résultat le plus fructueux, avec 16 nominations aux Goya – les Césars espagnols. Il est certain que la révision de la loi du cinéma est une des conséquences de la baisse du nombre des coproductions, dans la mesure où les producteurs sont dans l’incertain pour l’année à venir. A partir du 1er janvier, la publicité disparaît de la télévision publique – comme en France -, et les deux chaînes privées Telecinco et Antena 3 se partageront 90% des recettes publicitaires. Pedro Perez a utilisé la métaphore de la maison en travaux pour parler de la situation de la loi du cinéma… il faut attendre que tout soit fini pour commencer à planifier les choses.

Ignasi Guardans a continué dans cette brèche pour marteler que la loi du cinéma ne pourra être appliquée que lorsque certains décrets seront approuvés par Bruxelles : les deux grands chantiers sont la loi générale des moyens audiovisuels qui impose la participation des chaînes de télévision publiques et privées dans le financement des films, et l’évolution de la radio espagnole). Les changements qui vont apparaître sont : l’aide à l’écriture du scénario, à la production de films d’animation, de films pour la télévision, à la formation du public et des professionnels, aux nouvelles technologies. Beaucoup de films, par le passé, n’ont pas obtenu les aides nécessaires à la production, ainsi une discrimination a été mise en place entre deux types de films : les éternels films commerciaux et films d’auteur, qui méritent d’être traités différemment dans la mesure où ce sont pas du tout les mêmes enjeux. Il a insisté sur le fait que les "petits" films devaient recevoir plus de fonds. A noter. Pour les coproductions dont la part espagnole se situe entre 600 000 et 1 million €, l’aide publique se calcule sur la base d’un système de points qui prend en compte la reconnaissance des précédents films dans les festivals, la 3D, la production indépendante, la coproduction internationale, si c’est un premier film, etc. Il y a une réelle volonté du gouvernement espagnol à soutenir les coproductions. L’autre modification importante sera de considérer comme un coût espagnol les frais dépensés à l’étranger (on peut lever des fonds espagnols et les dépenser en France ou en Angleterre). Pour conclure, Ignasi Guardans a confirmé l’intérêt de l’Espagne à mettre en place un mini traité de coproduction, comme le franco-allemand existant. Ont suivi quelques questions, et principalement l’intervention remarquée d’Antonio Perez, producteur chez Maestranza Films, qui a pointé du doigt le système d’achat de la télévision selon un quota, et qui finit par n’acheter que les films de Pedro Almodovar, sans se soucier des autres réalisateurs nationaux et européens ; ainsi que le déséquilibre entre les investissements espagnols et les investissements français : l’Espagne investit le double pour chaque coproduction…

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