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Power to the Pixel, Berlin revival : le film et les internautes (3/3)

février 18, 2010

Dernière étape pour fermer le cycle de panels sur Le guide du cross media (qui avant s’appelait “internet” a spécifié Liz Rosenthal) pour les réalisateurs indépendants organisé par Power to the Pixel, dans le cadre du Berlinale Talent Campus. Lizzie Gillett, productrice, et Timo Vuorensola, réalisateur, ont parlé chacun à leur tour de leurs expériences avec les internautes.

Ainsi, Lizzie Gillett, l’heureuse productrice anglaise du documentaire activiste sur le changement climatique, The Age of Stupid, a présenté tout le processus, de la production à la promotion. Les conditions de fabrication ont été en effet très simples : la réalisatrice Franny Amstrong et elle-même dans un appartement, sans distributeur, sans budget. Le film a été financé à base de crowdfunding, à ce jour 884 000 pounds (en gros 1 million d’euros) levés grâce à 620 investisseurs (qui ferait une moyenne de 1425 pounds par personne), sans aucun soutien institutionnel ou banques. Les investisseurs récupèrent ensuite leur argent selon le schéma suivant : pour £500 gagnés, ils touchent £50 (apparemment, des avocats ont regardé leurs contrats après coup pour les régulariser, et leur ont dit qu’ils n’étaient pas très légaux, donc à creuser, car Lizzie Gillett a précisé que tous les éléments légaux et financiers relatifs à la production du documentaire ont été mis en ligne sur le site web, afin d’être utiles pour les jeunes réalisateurs et producteurs). L’idée a été ensuite de mettre au point une avant première écologique (eco-premiere) et de rendre disponible le film pour tous, au même moment pour 62 villes au Royaume Uni, retransmis sur un écran en plein air, avec les guest stars du documentaires à Londres (l’argent a également été trouvé par le crowdfunding). Puis le film a eu 6 semaines d’exploitation dans les cinémas. Pour les pays qui n’avaient pas de salles de cinéma, Lizzie Gillett a précisé qu’elle leur donnait un droit d’accès gratuit pour un visionnage par internet, et a ainsi présenté le logiciel mis en place, Indie Screenings, pour recenser toutes les demandes de visionnage et le prix adéquat. En effet, une ONG paiera moins cher qu’une multinationale qui vend du pétrole… Elle a aussi fait en sorte que le film soit disponible en download to own (on peut télécharger le fichier et le graver sur DVD), dont le prix varie également en fonction des moyens financiers des acheteurs : £6 pour les acheteurs riches venant d’un pays riche, £3 pour les acheteurs riches venant d’un pays pauvre et inversement, et £1 pour les acheteurs pauvres des pays pauvres… Robin des Bois est passé par là. Les gains ont été de £100 000, après avoir repris le mandat de vente qu’elle avait cédé à Celluloid Dreams, une des sociétés de ventes internationales les plus prestigieuses, car son intérêt à elle était de rendre le film le plus disponible possible, partout, pour tous, ce qui n’est pas forcément celui du vendeur… Elle a également mentionné que le film a été vendu aux Etats Unis à un distributeur plutôt commercial, et que cela a permis au film d’être vu finalement par les “unusual suspects”, qui vont dans les multiplexes, mais pas forcément aux manifestations Greenpeace.

Puis, Timo Vuorensola, réalisateur finlandais, a parlé du film, une comédie de science fiction, qu’il a mis 7 ans à faire avec $15 000 de budget, Star Wreck. En gros, avec une bande d’amis nerds, qui ne connaissaient rien au cinéma, aux acteurs, à la rédaction d’un scénario, au tournage, etc., il s’est décidé à se lancer dans cette aventure, depuis le sous-sol de sa maison.

starwreck

Le but a vraiment été de tenir les internautes intéressés, pendant ces 7 ans, et de mentir un peu “oui oui, le film va être prêt dans 6 mois”… Ils l’ont ensuite sorti gratuitement sur internet, pensant que de toutes façons personne ne le regarderait. Mais ils ont eu 8 millions de visionnage, ont vendu des DVDs, des tee-shirts. Le profit a été de $350 000, ce qui est plutôt un succès ! (petite précision : rien n’est reversé aux internautes, le processus est clair depuis le départ). Un DVD a été fabriqué, vendu au Royaume Uni, aux Etats Unis et en Scandinavie (il n’a pas voulu dévoiler le montant des minima garantis reçus). Le plus important pour lui a été d’être suivi et soutenu par les internautes (car il fallait bien qu’il finisse son film du coup…), également aidé par leur collaboration et leurs idées diverses et variées sur l’histoire. Son prochain film, Iron Sky, toujours dans le genre comédie de science fiction (à propos de Nazis qui seraient partis sur la lune en 1945 et reviennent maintenant sur terre en 2018…), a un budget beaucoup plus élevé de $5,7 millions, et Timo Vuorensola veut également lever de l’argent auprès des internautes… même si le procédé sera légèrement différent. Pour conclure, il a cité, en riant, un producteur qu’il avait rencontré et lui avait asséné : “si ton film est sur internet, c’est qu’il est nul”. Qui a raison ?…

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