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Les internautes et la distribution de longs métrages, focus PeopleForCinema 2/3

février 24, 2010

Serge Hayat a ouvert les débats en insistant sur le fait que le modèle du crowdfunding notamment utilisé dans la production de contenus musicaux (MyMajorCompany, KissKiss BankBank…) décliné dans l’industrie cinématographique (TousCoprod…) soulèverait de nombreux écueils en termes de rétribution des ayants droits. Associer les internautes à la production alors même que les remontées de recettes sont déjà un casse tête sans nom pour les producteurs (professionnels) ne lui a donc pas semblé opportun. En revanche, associer des internautes actifs et engagés dans la distribution d’œuvres pré-sélectionnées par les soins de la plateforme semble lui réussir.

Au bout de seulement quelques mois d’existence, PeopleforCinema a déjà convaincu des acteurs établis de l’industrie cinématographique (EuropaCorp, Wild Bunch, Mars…) de participer à l’aventure et compte d’ores et déjà 100 000 utilisateurs actifs par mois. clip_image002

Du point de vue de l’expérience utilisateur, PeopleforCinema décline les recettes du crowdsourcing pour engager les audiences d’une manière ludique : les internautes misent sur les films qu’ils choisissent, le montant qu’ils choisissent, et seront rétribués sur la base des entrées effectuées par les films s’il s’agit d’un mandat salle, en vidéo s’il s’agit d’un mandat vidéo et dès le premier euro généré indépendamment du support si c’est un mandat tous droits.

Certains goodies sont également offerts, comme la possibilité d’assister à des avant premières, à des soirées chiffres, à des chats avec les équipes du film… Tout est fait pour inciter l’internaute à s’engager personnellement dans la promotion du film d’une manière, au pire ludique, au mieux rentable. L’internaute devient ainsi micro distributeur, et il est traité comme tel, sur la base des contrats que les sociétés de distribution « établies » ont déjà conclus avec PeopleforCinema concernant les remontées de recettes nées de l’exploitation de l’œuvre. Par exemple la plateforme ne s’engagera pas sur un film dont le seuil de rentabilité pour les budgets engagés (en termes de publicité, affichages, marketing direct…) serait dissuasif par rapport au potentiel commercial de l’œuvre.

Du côté des partenaires, s’il s’agit de sociétés investissant des montants très importants dans les frais marketings associés à la sortie d’un film en salle, certes l’apport de PeopleforCinema sera in fine marginal en termes financiers, mais les retombées du partenariat en termes marketing présentent un intérêt certain pour le distributeur, indépendamment des assises financières sur lesquelles il s’appuie. Dans le cas de distributeurs indépendants, les apports financiers aussi deviennent conséquents, et partie intégrante du plan de financement de la sortie.

D’ailleurs, la différence essentielle entre les plateformes comme IndieGogo, Touscoprod (qui s’appuient sur le crowdfunding dans le financement même du film) et PeopleforCinema (qui intervient au moment de la distribution de l’œuvre) réside essentiellement dans la « taille » des partenaires potentiels. Si le second présente un intérêt certain en termes marketing pour tous les distributeurs indépendamment de leur taille, les sites de financement/production en ligne s’adressent en priorité à des producteurs indépendants, sur des films de niche qui ont du mal à boucler leurs financements, et ne bénéficieront probablement pas de budgets marketing conséquents lors de leur sortie pour toucher leurs cibles. D’où une implication des audiences potentielles dès le premier stade de production, pour s’assurer une base de « supporters » investisseurs tout au long de la chaîne de valeur. IndieGogo est d’ailleurs clairement positionné sur le segment indie aux Etats-Unis « Where Independents Happens ».

Sur la question du modèle économique, PeopleforCinema prélève 10% à la source des investissements effectués par les internautes pour couvrir les frais de gestion générés par le crowdfunding, 15% des remontées de recettes au titre de la rétribution du service offert. Enfin, le site compte également sur des recettes publicitaires dès lors qu’il aura atteint une audience critique. Pour plus d’infos sur la question, voire aussi la retransmission du Buzz Media Orange Le Figaro avec Serge Hayat et Simon Istolainen.

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