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Changer de format et de méthodes de travail (3/4)

mars 2, 2010

Ce fut au tour de Takis Candilis, actuellement directeur général délégué à la production chez Lagardère Entertainment (qui comprend entre autres, les sociétés GMT et Image & Compagnie), après 10 ans aux programmes chez TF1, de dire qu’il en avait marre d’entendre les mêmes choses tout le temps, même si une crise profonde avait réellement surgi aujourd’hui, mais ce n’en est pas moins salutaire.

Selon lui, elle prend en effet 4 formes : la crise éditoriale, encore et toujours, car il y a des suites et des sur-suites de fiction (Joséphine Ange Gardien en est à sa 15ème saison), et plus de nouveautés créées. Le grand choix technologique étiole aussi l’audience. La crise financière avec la forte baisse de la publicité (qui du coup entraîne une baisse du chiffre d’affaires des chaînes qui entraîne une baisse du quota d’obligation : on arrive à une baisse de 20 à 25% de financement des œuvres pour cette année). Et enfin la crise générationnelle : on vit depuis 25 ans dans la “nouvelle télévision”, qui n’a pas laissé rentrer de nouveaux producteurs. Il y a toute une génération de producteurs de 40 – 50 ans qui n’a pas éclot, et avec ça, une certaine créativité. Takis Candilis a proposé ses 3 solutions : la multiplication des formats (et par là même de leur durée, afin de ne pas faire éternellement du 90 minutes), avec une diversification du financement par brand content et placement de produit, la création d’une production nationale industrielle (entre autres, faire en sorte que la diffusion d’un unitaire soit événementielle), et la prise en compte de la production à l’international (“on est des nains” a-t-il dit, ce qui a bien résumé sa position sur le sujet), en bottant en touche les obligations des chaînes…

Quant à Vincent Meslet, directeur de l’unité de programmes fiction de France Télévisions, il n’a pas un discours si divergent, la seule différence viendrait des obligations de FTV en tant que groupe public. L’idée est vraiment de trouver de nouvelles manières pour travailler avec le duo producteur / auteur, d’où les journées de la création les 3 et 4 février derniers. Ils sont en pleine réflexion avec le CNC pour aider à la mise en place d’une aide financière pour les producteurs, avant de toucher l’argent du diffuseur lors de l’accord de développement. Vincent Meslet a ainsi insisté sur la différence entre développement et engagement, dans la mesure où un diffuseur ne peut pas s’engager sur une note d’intention… Il a conclu en disant que le plus important, aujourd’hui, c’est d’aller chercher l’argent ailleurs, à l’international, afin de continuer à se développer, et également d’arrêter une segmentation du travail qui n’est plus viable : le travail doit s’opérer beaucoup plus en amont, et une chaîne pour bien vendre ses fictions, doit savoir bien commander. Sur la question des tabous et des sujets mous traités, il a précisé qu’avec la fin de la publicité, sa deuxième partie de soirée commence à 21h35 et non plus à 22h (heure de diffusion pour les films interdits aux moins de 12 ans)… Il faut également engager une conversation avec le CSA à ce sujet.

D’un tout autre point de vue, Séverine Bosschem, scénariste, entre autres de Xanadu, qui sera réalisé par Ilan Duran Cohen, produit par Haut et Court pour ARTE, travaille depuis 10 ans, et a donc toujours connu un secteur en crise, sans moyens, avec les mêmes problématiques. Elle a précisé que la chose qui manque le plus dans la fiction, c’est la conviction, l’énergie. Il faut être inspiré… Elle a toutefois soulevé l’indigence du scénariste à travailler dans une bulle, coupé du reste de l’équipe, et même du réalisateur. Segmentation, segmentation. Arnaud Malherbe, réalisateur, a poussé un véritable cri du cœur : qu’est ce qu’on raconte à la télévision ? de quoi on parle ? afin de montrer les incohérences d’un système qui affadit les projets avec le trop plein de notes, de commentaires. Et qui les raconte ? Pour lui, il n’y a aucun réalisateur de court métrage de 25 ans qui rêve de faire une fiction pour la télévision, alors même que cela ne devrait pas être différent d’écrire une histoire, pour la télévision ou le cinéma, à part en termes de coûts de production. Il a émis l’idée de créer une obligation pour les chaînes d’engager des réalisateurs “jeunes” de 25 ans, mais s’est immédiatement fait rembarrer par Takis Candilis “on n’en peut plus des obligations”.

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