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La fiction française : financement des œuvres, financement des entreprises

avril 1, 2010

Fin du cycle organisé par le Club Galilée, sur la crise et possible relance de la fiction française, séance centrée cette fois-ci sur le financement, question cruciale si ce n’est unique dans la création. Comment renforcer le secteur fragile de la production de la fiction, au niveau du développement des œuvres et du quotidien des entreprises.

Etat des lieux de la publicité télévisée

Comme l’a rappelé Stéphane Martin, délégué général du SNPTV (Syndicat National de la Publicité TéléVisée), la télévision est financée par les abonnements, la publicité et les impôts (dans l’ordre croissant). Dans la mesure où la baisse des investissements publicitaires en 2009 s’est chiffrée à 650 millions d’euros (en partie du fait de la suppression de la publicité sur France Télévisions, au 2/3), que la consommation des ménages a été moins élevée en raison du taux de chômage élevé, c’est un secteur qui a descendu d’une marche…

Les annonceurs ont également bénéficié d’un choix plus large de chaînes de télévision (avec la TNT), et leur pouvoir de négociation n’en a été que plus renforcé. Ainsi, on est dans un problème classique de création de valeur pour attirer l’annonceur : alors même que les chaînes de télévision ont moins de ressources, elles doivent continuer à maintenir leurs investissements si elles veulent rester compétitives. En tous cas, à l’heure d’internet, la publicité télévisée reste toujours une force de frappe indéniable, comparativement à un emailing vite effacé sans être lu, donc le principal travail reste à produire du contenu.

Quant à Daniel Bô, président et fondateur de Quali Quanti (institut d’études généraliste), il a orienté son propos sur les opportunités de financement – qui restent marginales – liées aux nouvelles technologies, comme la catch up TV (avec un écran publicitaire au début de tout programme, qui est le “prix à payer” pour ne rien payer justement, ou le display, qui renvoie à des liens sponsorisés utilisant essentiellement des annonces texte) ; le placement de produit qui était autrefois interdit à la télévision et qui ne représente pour l’instant que 10% du financement des programmes de fiction (sous la forme de médusage – utiliser de manière détournée un produit, comme jeter du Chanel dans une baignoire dans Les Visiteurs –, la valeur des produits, les décors récurrents, la démonstration de produits (un acteur qui utilise un IPod par exemple), etc.) ; le brand content ou les marques qui produisent du contenu sous forme de programmes courts pour se valoriser, comme Dior pour la publicité avec Marion Cotillard, réalisée par Olivier Dahan (les marques ne vont pas prendre le relais pour financer des programmes de fiction comme Navarro ou Plus belle la vie).

Financements publics et privés

On est passé ensuite au récapitulatif des aides existantes pour l’audiovisuel au CNC, tant en développement qu’en production, au niveau de l’œuvre comme de l’entreprise (avec le crédit d’impôt par exemple) avec Laurent Cormier, directeur de l’audiovisuel, qui a déploré le manque de projets envoyés. Selon lui, l’outil est sous employé pour trois raisons : les dispositifs sont très peu connus, le CNC exige l’envoi des contrats signés avec les auteurs et leur rémunération (pratique qui n’est apparemment pas très fréquente…), et l’a priori des producteurs qui pensent qu’ils ne pourront pas utiliser cet argent pour la production.

Du côté privé, Silvia Laj, directeur chez Natixis Coficiné, a précisé de manière réaliste et amusante que “[le CNC] n’est pas un investisseur”, et Laurent Cormier d’ajouter “[qu’il] n’en gagne pas non plus”. Le but de Natixis Coficiné est de couvrir les besoins de trésorerie des producteurs, et de mettre en place des crédits de développement et de trésorerie (que l’IFCIC peut garantir jusqu’à 70%), et parfois du financement de frais généraux. En tous cas, on a plutôt bien compris le principe de “crédit de gueule” qu’elle a mentionné…

Nouveaux réseaux et nouveaux modes de financement ?

Bernard Tani, directeur TV & VoD chez Orange, a ouvert le bal en énumérant les différentes actions du groupe (politique de format court, production d’une série avec épisodes de 30 minutes, investissement sur l’écriture avec la Bourse co créée avec la Fondation Beaumarchais, la mise en place Les Ateliers de la Création, le Transmedia Lab, etc.). Le paradoxe de ces nouveaux contenus, c’est de les préfinancer avec des fenêtres d’exclusivité qui permettent de préserver la valeur, la rareté, alors même que c’est l’exact inverse de ce que recherchent les internautes… Bien dit. Qu’est ce qu’on fait alors ? Bernard Tani n’a pas de solution, les seuls outils pour y répondre sont pour l’instant la chronologie des medias qui est en train de se mettre en place (+ 7 jours après diffusion) et la diversité des modèles économiques (gratuit / payant à l’acte / payant par abonnement). Et non, il n’y a pas de financement pour internet (il n’a jamais voulu dévoiler le montant de la contribution d’Orange au compte de soutien). L’objectif d’Orange c’est bien de développer la TV payante et les abonnements…

Puis, Guillaume Blanchot, directeur du multimedia et des industries techniques au CNC, a rappelé que le CNC a investi 4 millions d’euros sur 120 projets transmedia, depuis que le système des aides sélectives a été mis en place il y a deux ans et demi. Et de préciser, de manière plutôt pertinente, que les annonceurs candidatent désormais, pour moitié. Qui va donc maîtriser cette  nouvelle relation annonceurs / producteurs ? Des sociétés intermédiaires vont se mettre en place pour mettre en commun les régies publicitaires, les plateformes…

Financement des entreprises, le nerf de la guerre

OSEO (résultat de la fusion entre OSEO, l’ANVAR (Agence nationale de valorisation de la recherche, dite "Agence de l’innovation") et la BDPME (Banque du développement des PME), pôles de compétitivité territoriale comme Cap Digital, ces initiatives permettent de financer les entreprises qui mettent au point des produits, une stratégie “innovants”, les termes restant parfois trop vagues et compliqués à visualiser de la part des producteurs. On soulignera la création du RIAM conjointement par OSEO et le CNC, qui peut investir jusqu’à 20% du montant du projet (en 2009, l’enveloppe était de 22 millions d’euros, dont une partie était cofinancée par le CNC). Vodkaster (site qui propose des extraits de films, un Youtube légal en quelque sorte) a été un des projets financés par le RIAM. Au final, ces aides sont souvent très utilisés dans les secteurs industriels, il suffit de les mettre en pratique pour les medias…

Reste à lire le rapport qui sera rendu au Ministre de la Culture et de la Communication, courant mars… On attend donc.

One Comment leave one →
  1. mai 6, 2010 00:48

    article intéressant

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